G. Orwell
"Dans les temps de tromperie universelle, dire la verité devient un acte révolutionnaire"
Transversalité non relevée de deux actualités. Où quand en Suisse, "la droite populiste" (qui a le seul mérite, elle, d'appeler un chat un
chat) emporte les dernières élections législatives au moment où l'on honnore Guy Môquet, j'y reviendrai.
Effectivement, même si deux élécteurs sur trois n'ont pas introduit dans l'urne le bulletin des populistes de l'UDC, ce parti de la fermeture, des dérapages racistes et
xénophobes est dorénavant majoritaire chez nos voisins hélvétes. J'en suis attéré en tant qu'Européen convaincu et boulversé en tant que citoyen du monde. "Le nationalisme, c'est la
guerre". Il trouve ses fondements dans le protectionnisme à excés, dans le rejet de la différence, une forme de rennoncement, de fatalisme.
Si seulement Guy Môquet eut pu nous écrire une lettre à ce sujet....Il en aurait des leçons à nous donner.

Pour ce qui concerne la lettre lue aujourd'hui, il est évident que le souvenir d'une telle période contribue à éviter l'oubli, ce qui serait innacceptable, dangereux et qui permet l'installation
par les urnes de partis comme l'UDC. Donc la transmission intergénérationnelle pour éviter que les horreurs du passé ne se muent en erreurs du présent est de fait
indiscutable. Reste à définir le mode de la transmission, sans dénaturer sa valeur.
Et justement, quand j'entends dire que les enseignants en tant qu'agents de la fonction publique se doivent, sans discussion de lire la lettre du résistant communiste, j'exprime mon
septicisme.
Car, simplement, quand, on s'indigne de constater que certains de "ces agents" sont libres, il me semble que l'on défend un certain ordre établi que de nombreux fonctionnaires ont suivi, eux, "à
la lettre" à une certaine époque... et que Guy Môquet a eu le sublime courage de combattre...Mourir pour ses idées...
De plus, cette lettre s'inscrit dans le registre émotionnel, et au delà de la récupération scandaleuse opérée par le président de la France d'après (qui pratique le "fichage ADN"), il me semble
que l'on assiste malheureusement à nouveau à un phénomène s'inscrivant dans le cadre de "la société jetable". Cette lettre est indiscutablement un outil
exemplaire du reflet de l'époque. Mais un outil, pas un instrument... Un outil, avec d'autres, comme le visionnage de "la liste de Schindler", de " de Nuremberg à
Nuremberg", ou pour, selon moi, le plus violent émotionnelement "le procès de Klaus Barbie". Je crois aux symboles, ils sont fondamentaux, mais pas en leur instrumentalisation,
sinon le symbole se sacralise et perd intrasèquement tout son sens au fil du temps.
Loin du symbole, bon courage à deux suisses sur trois...
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