La fin des universités d’été des différentes grandes organisations politiques a eu le mérite, à l’aulne d’échéances électorales régionales cruciales d’engager les
débats sur les objectifs de chacun, c'est-à-dire où va-t-on, qui nous guide, avec qui d’autres et surtout pourquoi faire. Avec en point d’orgue la proposition de dialogue de François Bayrou. Très
modestement, j’y apporte mon éclairage sur des valeurs ou chaque application concrète et grand dossier peut trouver un arbitrage.
Il ne faut surtout jamais oublier que l’objectif de la politique est le service des concitoyens. Il ne s’agit donc pas plus bas de politique politicienne, mais de
quels sont les moyens que le Parti Socialiste se donne pour relever cette aspiration du service aux compatriotes pour mettre en échec une droite tellement dure que même un parti centriste s’en
désolidarise. Avec cette envie en leitmotiv et pas dans l’objectif individuel de la prise de pouvoir.
Objectifs :
En premier lieu, ne pas livrer pour 5 ans encore le pays à Nicolas Sarkozy et à l’actuelle majorité présidentielle. Tout d’abord, car très clairement, elle affame
les plus faibles pour engraisser ceux qui en ont le moins besoin. Ensuite, pour donner à notre pays une autre vision, un autre avenir solidaire, un mieux vivre ensemble.
En second lieu, pour enfin mettre en place une véritable juste redistribution des richesses, promouvoir concrètement quotidiennement l’égalité des chances et
établir un pacte social entre les acteurs avec un arbitrage qui porte le nom de ce même pacte : social.
Enfin, pour rétablir l’image de notre pays dans le monde avec la mise en exergue des valeurs inhérentes à la construction de la France en terme de droits de
l’homme.
Comment, donc avec
qui :
En construisant un projet politique qui au-delà d’être l’antithèse de ce qui est proposé aujourd’hui par le gouvernement, porte des valeurs ancrées à gauche, qui
répondent, et au désespoir et aux aspirations de la majorité de nos concitoyens. Nous sommes certains militants à travailler en commissions, ateliers, qui espérons le, d’une manière ou d’une
autre pèseront dans le débat. Mais face à une société diverse et globalisée, mais également sans présence d’un leader suffisamment fort pour « imposer des compromis », le Parti
Socialiste ne peut seul porter un projet.
Se pose ainsi la question de l’alliance politique. Il ne s’agit pas de se creuser la tête à savoir si le MODEM de Bayrou est de gauche ou pas, il dit lui-même
qu’il n’est pas dans une démarche partisane. Alors, regardons les motivations de l’invitation du responsable de cette organisation politique. Il me paraît fort complexe de se contenter du
désaccord avec la politique sarkozyste pour « s’allier » avec un parti dont l’ambition principale semble soit de gagner la présidentielle soit en cas de défaite de devenir le premier
tenant de l’opposition. D’autant qu’en politique une addition de pourcentage ne suffit pas à donner un chiffre purement mathématique.
Alors oui, sur certaines questions sociétales et institutionnelles, des connexions existent avec cette organisation politique, de là à en faire une plateforme commune dont l’aspiration serait de
changer le quotidien des Français, le chemin est long…Maintenant, pour discuter, à part d’être sourd et muet, rien ne nous y empêche. Et si le MODEM est aussi sensible à notre charme et écœuré de
l’exercice du pouvoir actuel, rien ne l’empêchera alors de le faire savoir un soir de premier tour d’une élection présidentielle (si bien sur, il n’est pas lui-même concerné par un second
tour).
Mais pourquoi ne pas se servir de l’exemple de cette invitation au dialogue pour, nous premier parti de gauche de ce pays réunir autour de la table les autres
organisations de gauche, tels que le Parti Communiste, le Parti de Gauche de Mélanchon, le Parti Radical de Gauche, et aussi le NPA, avec qui, il est très certainement évident que malgré une
conception différente de société, des accords peuvent exister. Les verts ne peuvent et ne doivent pas être absents de ce RDV, sur la forme car il s’agit d’un allié naturel, et sur le fond, car
son diagnostic écologique est aujourd’hui essentiel et indispensable.
En fonction de ces assises, chaque organisation peut choisir d'aller seul ou non, à l'échéance présidentielle, de tenir compte de l’éclairage des uns et des autres
dans la constitution de son propre projet politique.
Dialoguer avec une organisation qui nous le demande et parallèlement organiser concrètement des « assises de la gauche » avec des partenaires naturels qui
permettent ou pas de se retrouver me semble la meilleure option pour répondre sur un mode crédible à la crise actuelle sur nos valeurs, dans une détermination de changer durablement le quotidien
des citoyens, tout en affirmant le choix d’une orientation politique, puisque c’est ce qui nous est demandé et afin de ne pas rééditer l’expérience malheureuse du dernier entre deux tours de
l’élection présidentielle.
Qui nous guide :
C’est à mon sens une question qui arrive après les rencontres précédemment citées qui permettent en effet sur la forme de savoir comment et avec qui les primaires
sont organisées et sur le fond de construire un projet politique avant la désignation de celle ou celui qui le portera.
Ainsi, la réponse à cette question doit pour le moment attendre. Même si nous avons très certainement toutes et tous un certain avis sur la question, qui peut lui
aussi changer, car c'est un facteur important pour la victoire, mais je ne peux me résoudre naîvement à croire qu'il serait indispensable.
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